Lettre à mes filles

Mes bébés.

Je vous vois grandir à chaque jour, et toi ma grande, ma première, mon miracle, tu deviens une grande fille merveilleuse. Tu possèdes de belles qualités et j’essaie de t’inculquer de belles valeurs qui t’aideront à être heureuse dans ta vie. Mon père a fait le même chemin avec moi, et tu feras je l’espère de même lorsque tu seras maman à ton tour.

Tu sais, je croyais qu’être heureuse et être amoureuse faisaient de moi une femme comblée et prête à avoir des enfants. Mais, il y a plusieurs choses qu’on ne m’avait pas dites et que je veux partager avec toi aujourd’hui.

Non, la journée de l’accouchement n’a pas été la plus belle journée de ma vie car j’ai souffert pendant des heures. Je trouvais même parfois  étrange d’avoir un enfant dans le ventre pendant des mois. EFFRAYANT. J’étais à la fois épuisée et angoissée de ne pas savoir comment être une bonne mère.  C’est vrai quoi, quand on a pas grandi avec « ça », avec ce pilier qui nous aide à tenir debout, à devenir qui on est, comment on peut savoir…  J’ai attendu plus de 6h pour me « réveiller » d’une césarienne ratée et pour enfin te rencontrer, et le moment venu je ne savais même pas à quoi tu ressemblais.

Mais au cours des journées qui ont suivi, on s’est apprivoisées. Et je suis tombée amoureuse de toi. Un amour qui grandit maintenant chaque jour.

Avoir des enfants est la plus belle chose au monde, me disait-on. C’est vrai…mais personne ne m’avait prévenue, ou peut-être que je n’y ai pas fait attention, que lorsque l’on veut offrir le meilleur à nos enfants que l’on aiiiiiime, on s’oublie, quitte à y laisser notre santé (physique, ET mentale)

Quand les enfants sont bébés , on porte des vêtements confortables et on oublie notre féminité et notre fierté. On sort sans maquillage et mal coiffée, avec un petit peu de lait séché sur le t-shirt. On ne trouve pas ça grave,  l’important c’est que nos enfants ne manquent de rien. Je te le dis, j’en ai souvent oublié ma douche quotidienne par manque de temps ou de fatigue. On apprend à vivre avec la routine, celle-là même qu’on avait en horreur.  Celle qu’on voulait fuir a tout prix – c’est vrai quoi on est pas des vieux, faut changer faut bouger youpi profitons de la vie roulez jeunesse – On met de côté notre carrière pour un temps.

Je me suis laissée prendre au jeu. Mes enfants sont devenus ma priorité et plus rien d’autre ne compte.

Ce n’est pas rose tous les jours, tu sais. Il faut continuellement s’assurer que vous ne manquez de rien et que personne ne vous fasse de la peine. Ce que je trouve le plus difficile et qui demande le plus d’énergie, c’est de vous enseigner comment agir en société pour que la vie vous soit la plus douce possible. La discipline est un véritable travail au quotidien. Mais ma récompense est d’entendre de belles choses à votre sujet venant de l’extérieur. J’ai donc appris à être (un peu) plus tolérante à la maison, pour vous laisser exprimer vos colères et laisser sortir vos frustrations – toi ma grande après ta journée d’école,après le sport, après la récré où tes copines ne t’ont pas donné ce que tu attendais d’elles… toi mon bout de chou, quand tu ne peux pas tremper tes mains dans ton assiette pleine de purée et en tartiner tes cheveux ou farfouiller dans mes pots de fleurs avant de manger la terre à pleine bouche…- 

L’un de mes moments préférés est celui où nous nous entassons dans le lit le soir pour lire une histoire. Faire les « papoutes ». Toutes les chicanes de la journée s’effacent et mon cœur se remplit d’amour. ( même quand tu fais 4 fois le tour de ta chambre en courant quand je te demande de mettre ton pyjama, ou que tu me réponds du tac au tac en prenant tes airs d’adulte miniature…)

Lorsque tu seras maman, non seulement ton temps sera consacré à tes enfants mais le plus fou est que ton cerveau ne connaîtra plus JAMAIS la paix. Tu penseras pour deux, ou pour trois, voir plus…. Tout le temps. Chaque jour tu t’occuperas des repas, des paperasses de l’école, des devoirs, de conduire tes enfants. Tu soigneras leurs bobos, réconforteras leurs peines, inventeras des excuses pour expliquer pourquoi papa est encore de mauvaise humeur ou pourquoi il n’est pas à la maison. Comme moi, tu vas perdre patience parfois et tu te sentiras tellement coupable avant de t’endormir. Tu iras te cacher pour pleurer lorsque ton conjoint te fera de la peine ou lorsque tu te sentiras dépassée par les événements. Tu n’auras probablement plus beaucoup de temps pour voir tes amies. De toute façon, elles seront aussi occupées que toi…

Moi, même quand tu es à l’école, je me demande comment tu va et si tu t’es fait embêter, ou alors si tu t’éclates avec tes copines . Lorsque vous dormez, je me demande parfois ce que vous réserve la vie, ce qui se passera pour vous quand je ne serai plus là, et si demain vos peines et vos angoisses d’aujourdhui auront disparu. Je n’ose même pas imaginer mon inquiétude lorsque vous serez adolescentes et que vous partirez en voiture avec vos amis… Quand toi mon aînée, tu usera de ton sens bien (trop) développé de la négociation pour avoir ce que tu veux, sortir, un portable, un scooter UNE VOITURE ( et que je dirai, comme l’ont probablement fait toutes les mères un jour, « tu vois avec ton père »…) , et que ta sœur fera de même après t’avoir vue faire…

Avoir des enfants, c’est l’expérience la plus difficile à vivre. Mais de très loin la plus belle. Toi et ta soeur, vous avez donné un sens à ma vie et tout le reste en comparaison est devenu futile. Et si je réussis à vous faire vivre une belle enfance, alors je pourrai dire que j’ai accompli ma mission ici bas.

Vos sourires, vos caresses, vos confidences, votre amour sans conditions envers moi et les autres, valent tout l’or du monde.

Maman

 

 

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Melanie dit :

    Ta lettre est très émouvante.
    Bravo.

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